Monsieur le Président,
Cette séance budgétaire aura peut-être semblé longue mais c’est le juste prix de la démocratie. Elle aura surtout été une épreuve de réalité pour tous les groupes.
Pour sa part, le groupe CACR en sort conforté dans sa démarche.
Nous vous avons dit lundi que nous entendons tout à la fois garder pour référence nos propres engagements devant les électeurs et pleinement coopérer au sein de la majorité du conseil régional.
Ces quatre jours de travaux nous renforcent dans notre conviction que nous avons fait le bon choix pour faire avancer la politique régionale dans l’intérêt des franciliennes et franciliens ; Nous en sortons convaincus de l’importance du travail accompli.
Cela n’a pas été sans discussion, discussion âpre parfois, mais nous assumons les résultats auxquels la majorité est parvenue. Nous disposons désormais d’un budget qui trace les possibilités d’une politique régionale active dans de nombreux domaines.
Nous voterons donc l’ensemble du budget dont nous avons été les co auteurs.
Nous le faisons pour trois raisons :
la première est que nous avons collectivement construit un cadrage général du budget qui intègre des préoccupations qui pouvaient diverger au départ. Nous avons réussi à résoudre une équation budgétaire d’autant plus difficile qu’elle était prise entre les détournements de ressources de l’Etat, les dégâts sociaux de la politique gouvernementale à réparer, les engagements de campagne avec des attentes fortes de la population, et une conjoncture économique très détériorée.
Vous savez que nous aurions préféré un recours accru à l’emprunt et un recours moindre à la fiscalité directe.Mais nous avons construit un équilibre qui associe aux choix faits sur les recettes une réévaluation des dépenses avec un contenu social très marqué. Nous avons participé à cette construction. Nous aurons maintenant d’autres débats importants à mener. Nous avons suffisamment dit que la confrontation avec l’Etat pour refuser son désengagement dans bien des secteurs et exiger la restitution du FARIF devait se poursuivre et que la question de la réforme de la fiscalité était essentielle pour que je n’y revienne pas aujourd’hui. Mais nous y reviendrons inévitablement dans les semaines et les mois qui viennent.
La seconde raison est que nous avons tout au long de l’examen des chapitres budgétaires enrichi le projet initial sur des points essentiels. La décision prise en matière de tarification sociale pour les transport est d’une grande portée et nous nous réjouissons du processus qui va pouvoir s’engager avec l’ensemble de nos partenaires au sein du STIF dès le 1er juillet 2005. Nous avons aussi le sentiment que la prise en compte de nos demandes pour amplifier notre politique d’aide à la demi-pension pour les lycées, pour le soutien aux missions locales pour les jeunes, pour la lutte contre la réapparition de bidonvilles, pour les centres d’accueil et d’hébergement pour personnes sans abri, pour l’aide et le soutien aux femmes en difficultés sont des avancées positives pour mieux répondre aux urgences sociales ;
La troisième raison est que la conception d’ensemble du budget nous semble pouvoir permettre de développer la politique régionale face à quelques uns des défis auxquels nous savons être confrontés.
Cela est vrai en matière de logement où le volontarisme régional et son établissement public foncier doivent devenir le levier pour inverser la spirale spéculative et redonner toute sa place au logement social.
Cela est vrai de la mise en place du Fonds régional pour l’emploi et la formation.
Cela est vrai en matière de culture, de formation professionnelle, de recherche, d’emploi, de développement économique et plus largement de développement durable où nos débats ont mis en lumière qu’avec l’ensemble de la majorité, nous pouvons donner corps à un projet qui voit loin, qui conjugue les préoccupations économiques, sociales et environnementales, qui se concentre sur les investissements d’avenir.
Le SDRIF devrait d’ailleurs en donner la cohérence et le mettre en débat. Enfin, et c’est une décision qui nous tient particulièrement à cœur, le parti pris de la démocratie de participation prend forme avec ce budget. Nous voulons en irriguer toutes nos pratiques.
Au moment de voter, nous voulons simplement faire part de deux dernières observations ;
D’abord pour vous dire nos regrets sur la difficulté à se faire entendre quand on avance des propositions comme nous l’avons fait pour mieux aider le mouvement associatif dans le cadre du débat que nous avons eu mardi sur la démocratie participative mais pour vous dire que nous avons eu le plus souvent l’impression que notre institution est un réel lieu d’élaboration quand on approfondit l’échange.
Ensuite pour vous dire que nous allons maintenant continuer à faire vivre la démocratie en nous tournant à nouveau vers l’ensemble des acteurs de la région, le mouvement associatif, les forces syndicales, les autres élus à tous les échelons, les citoyens pour faire vivre notre politique régionale. Nous allons voter ce budget. Les franciliens peuvent compter sur notre investissement sur le terrain au quotidien et dans cette assemblée pour le mettre en œuvre.