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Conférence de presse du groupe CACR
HALTE à la casse économique, industrielle en Ile de France et dans le pays !
Intervention de Daniel Brunel
Les Elu-e-s du groupe CACR ont tenu ce jour au Conseil régional d’Ile-de-France une conférence de presse sur la question des licenciements chez EADS/AIRBUS, ALCATEL, ALTIS, THALES, NIVEA, NESTLE, JDC IMPRIMERIE... en présence de représentants syndicaux. Vous trouverez ci-dessous l’intervention de Daniel Brunel, conseiller régional du groupe CACR et Vice-président chargé de la Formation professionnelle du Développement économique et de l’Emploi.

Mesdames, Messieurs,

EADS/AIRBUS, ALCATEL-LUCENT, THALES, ALTIS, NESTLE France, NIVEA-BEIERSDORF, JDC Imprimerie.......

Des milliers d’emplois supprimés, des délocalisations d’activités, des sites menacés, le bradage de productions performantes, des sous-traitants sous la contrainte, des territoires fragilisés...

Ce sont des suppressions massives d’emplois qualifiés, le renvoi d’intérimaires et le renforcement de la précarisation, l’incapacité à anticiper sur l’effet baby-boom dans les grandes industries comme l’automobile et l’aérien, des filières mises en cause...

Tout cela est inacceptable d’abord pour des raisons humaines.

Une société qui a si peu de considération pour les êtres humains est vouée à l’échec et condamnée par avance.

Nous revendiquons le droit d’énoncer une autre vision de l’aménagement du territoire, de l’investissement humain, conciliant progrès social, économique et respect de l’environnement où la conception de pôles structurants ne peut se concevoir qu’au service de l’emploi pérenne, durable, du développement des PME/PMI, dans des logiques de coopération infra régionale, interrégionale, mondiale et, notamment, européenne.

C’est ce à quoi, nous avons contribué activement pour l’élaboration du Schéma Régional de Développement (SRDE) et du Schéma Directeur Régional d’Ile de France (SDRIF) en pensant, dans une approche d’une nouvelle dynamique économique, sociale environnementale et par un nouveau type de croissance, à l’emploi et l’habitat, au rapprochement domicile travail.

Nous l’avons fait, avec la volonté de diagnostic et de réponses partagés, en associant le plus grand nombre d’élus, d’associations, des syndicats, des partenaires socio-économiques.

Ce sont désormais des biens communs, qui se trouvent de fait mis à mal par les stratégies des grands groupes industriels, sans réaction à la mesure du MEDEF, du gouvernement, des pouvoirs publics. C’est inacceptable et les élus du groupe CACR ne l’acceptent pas !

Il convient d’aller au fond des choses.

Nous faisons le choix de l’efficacité sociale et économique, de l’investissement humain, de l’emploi stable et d’une logique de sécurisation des parcours de vie et professionnelle par l’emploi ou la formation, imposant par exemple une gestion globale des emplois et des compétences dans les secteurs industriels concernés, afin de sécuriser et promouvoir pleinement les trajectoires de chaque salarié, l’emploi et les qualifications dans notre région.

Ces choix justifient le refus des plans de casse actuels A EADS comme chez ALCATEL (5 sites sont concernés en Ile de France et 732 emplois), les problèmes de trésorerie ne se posent pas réellement.

Ce sont des sociétés qui se retrouvent dans le CAC 40, où la totalité des entreprises impliquées ont réalisé + de 100 milliards d’euros de profits en 2006 !

La demande de retrait des plans par les salariés et leurs organisations syndicales est légitime, face à des actionnaires qui imposent un niveau de rentabilité financière à taux constant -toujours établi sur le taux de profit le plus élevé dans le court délai- alors que les secteurs de l’aéronautique et des télécommunications connaissent forcément des variations, d’autant qu’il convient de tenir compte de la non parité euro/dollar, favorable à ce dernier pour les échanges commerciaux et « les exigences de compétitivité ».

Les salariés ont raison de ne pas accepter que l’emploi soit la variable d’ajustement des actionnaires, avec la recherche de délocalisations d’activités vers des pays à bas coûts.

Les mêmes logiques poussent THALES, après le départ définitif de Bagneux (près de 2000 salariés) à menacer les 200 salariés de Montrouge et les 554 de Malakoff (92).

Là encore, l’Etat est actionnaire (30 %) et des fonds publics ont été alloués à l’entreprise pour développer « des projets compétitifs ».

Chez ALTIS, sur le site de Corbeil (91), 300 emplois sont menacés et 4000 à terme avec les emplois induits, du fait du retrait des 2 actionnaires IBM et Infinéon.

C’est encore NESTLE-FRANCE, dont la réduction programmée de 350 postes au siège de Noisiel (77) peut poser le risque, du fait d’un « surdimensionnement » des équipements, d’une délocalisation de celui-ci.

C’est ce qui est en train de se passer chez NIVEA-BEIERSDORF (77) où après avoir procédé à des cessions d’activités des secteurs de la logistique et de la production, 200 personnes vont être délocalisées de Savigny le Temple à Paris, afin « d’optimiser », de « rationaliser » la gestion des bâtiments.

A JDC Imprimerie situé à Torcy (77), la liquidation judiciaire vient d’être prononcée menaçant 160 emplois, parce que notamment, le donneur d’ordre, qu’est la multinationale Québécor, n’honore pas ses engagements contractualisés il y a plus de 2 ans dans un accord commercial.

Dans ce territoire, c’est encore l’annonce de difficultés dans l’entreprise GATE GOURMET, dont 300 des 837 salariés travaillent à Mitry Mory (77) du fait du retrait d’un fond de pension américain !

Des choix stratégiques contestables et contestés Ces choix stratégiques nous les contestons et nous ne sommes pas seuls. Parce que d’abord, nous entendons être au cœur des conflits que cela engendre. Et il est bien que cela ne passe pas tout seul.

Cette semaine, des milliers de salariés d’AIRBUS ont défilé dans les rues et des centaines il y a quelques semaines, en Ile de France pour ALCATEL. Depuis un an, avec les salariés de JDC, nous avons évité la liquidation pure et simple et la décision du Tribunal a provoqué cette semaine une réaction de mise sous surveillance de l’entreprise -par son occupation- afin de favoriser la recherche de repreneurs, forts du potentiel existant. Hier, j’ai interpellé les ministères de l’industrie, de l’aménagement du territoire, de la justice et du budget, pour la mise en place d’une cellule de crise.

Chez NIVEA, l’action des salariés a permis de sauver les emplois dans les secteurs de la logistique et de la production et des initiatives sont en cours pour obtenir les mêmes clauses de sauvegarde pour le personnel du siège (5 ans d’emplois garantis).

Chez ALTIS, nous venons d’imposer à l’Etat la constitution d’un groupe de travail avec les actionnaires, pour la définition d’un projet économique, industriel et financier ; de la même façon, les syndicats d’ALCATEL ont obtenu la mise en place d’un groupe de travail, afin de dégager les perspectives du secteur des équipements européens, de télécommunications, rassemblant des représentants des équipementiers, des salariés ainsi que des experts. Prochainement, avec les élus de mon groupe, j’irai sur le site de Vélizy.

Ces perspectives justifient la demande de moratoires suspensifs pour la recherche de solutions alternatives, voire l’exigence de retrait pur et simple des plans comme à EADS ou ALCATEL.

D’autres choix sont nécessaires Ils impliquent d’abord la responsabilité sociale et territoriale des entreprises ; ensuite la responsabilité publique de l’Etat français, voire des états européens ; enfin de nouveaux types de financements jusqu’au niveau européen, à chaque fois que nécessaire, par des affectation de prêts bonifiés de la Banque Européenne d’Investissement (BEI), avec des obligations de résultats au travers d’objectifs précis en emplois et en formation, imposant l’appui de la Banque Centrale Européenne (BCE), pour favoriser l’emploi au lieu de la finance et de la spéculation.

Indissociablement traités ensemble, ces chantiers posent avec une autre acuité, le renforcement des droits et pouvoirs d’intervention des salariés et de leurs représentants, des élus et des collectivités locales, pour réorienter les choix de gestion et stratégiques des entreprises.

De nouvelles lois doivent être élaborées :

-  Sur le contrôle des aides publiques.

-  Sur la mise en place d’un système de sécurité d’emploi et de formation tout au long de la vie avec l’instauration d’un fond national décentralisé. C’est le sens de la démarche en cours des groupes communistes à l’assemblée nationale et au Sénat pour une co-élaboration citoyenne de ce projet de loi.

-  Contre les délocalisations, « les dumpings fiscal et social » et pour lever les contraintes imposées par les grands donneurs d’ordre qui asphyxient les PME et le PMI, en exigeant une nouvelle définition de la responsabilité sociale de l’entreprise. C’est le sens du projet de loi déposé, récemment, par le groupe communiste, que la droite a refusé d’inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée nationale.

A l’évidence, ces questions sont au cœur du débat actuel et contribuent à réfléchir sur le besoin - pour ne pas dire l’urgence - d’un changement de politique nationale, qui soit enfin une véritable alternative de transformation sociale, qui place au centre et en permanence l’intervention citoyenne, conditions de la durabilité de toute nouvelle expérience à gauche.

Notre région peut et se doit d’intervenir davantage Sans attendre, nous sommes pour une implication plus forte du Conseil Régional pour faire face à l’avalanche de plans sociaux, à la destruction de l’emploi, aux gâchis humain, à la destructuration de notre économie et de notre espace.

Nous ne réglerons pas la situation des entreprises par des réponses du type EADS avec l’entrée des régions dans le capital.

Concevons que s’il s’agit pour les présidents socialistes des 8 régions concernées d’interpeller l’Etat sur ses responsabilités, ce ne sont pas les 200 millions d’euros évoqués (0,6 % du capital sans droit réel d’intervention) qui peuvent ouvrir une perspective crédible devant engager à leur juste mesure les actionnaires, les industriels, les institutionnels de la finance.

Nous entendons soumettre à nos partenaires, au président de l’exécutif et au-delà de l’assemblée, à tous les acteurs régionaux possibles, quelques pistes de réflexions qui vont dans le sens, dans la prochaine période, d’un véritable plan d’action régional pour relever les défis qui nous sont posés :

-  Rencontre avec les salariés notamment dans les sites les plus menacés.
-  Organisation d’une réunion régionale avec les partenaires sociaux.
-  Démarche vers les ministres de l’Aménagement du Territoire et de l’Industrie pour déclencher « un droit d’alerte » ;
-  Tenue d’une initiative publique pour un débat sur le devenir de notre industrie et des filières.

Avancer dans ce sens doit nous conduire nécessairement à accélérer le processus de mise en œuvre du SRDE :

-  Mise en place de la commission de contrôle de l’argent public ; détermination de nouveaux critères d’affectations des aides à l’emploi ; conférence financière pour de nouvelles interventions vers les PME/PMI, en consolidant les outils financiers pour « jouer » l’allègement des charges financières et non pas des charges sociales.

-  Deux ans après leur mise en place, nous devons procéder à un inventaire des pôles de compétitivité, afin d’apprécier réellement l’impact en emploi et sur le tissu des PME-PMI, pouvant justifier une redéfinition des critères pour des contreparties réelles d’engagements chiffrés d’emplois et de formations ; légitimement un autre mode de gouvernance s’impose, à un moment où les organisations régionales CGT, CFDT, CFTC, CGC, UNSA et FSU viennent officiellement d’interpeller l’exécutif pour nous présenter un projet, « un outil régional qui permettrait à la fois un diagnostic partagé de l’avancement de la mise en place et de l’activité de ces pôles, des échanges et des analyses concernant les domaines de l’emploi, des relations sociales, voire les préconisations utiles ».

Cette démarche constructive doit être prise avec sérieux et les exigences sociales et économiques du moment, nous obligent à ce travail d’inventaire, d’évaluation des politiques publiques.

Sur un domaine comme la formation, en lien avec l’élaboration du schéma des formations, le groupe CACR prendra courant mai, une initiative forte d’échange, de concertation avec l’ensemble des partenaires concernés.

Mesdames et Messieurs,

Comme vous pouvez le voir, le groupe CACR, chacune et chacun des ses élus, jusque dans l’exécutif feront tout ce qu’il faut, car si nous tenons à notre indépendance d’action, nous savons faire le choix du rassemblement le plus large lorsque la situation nous le recommande.

Nous sommes à un moment où les politiques sont placés devant leurs responsabilités, où les élus et les collectivités peuvent et doivent faire le choix de toutes les interventions utiles pour peser sur le cours des choses, pour inverser des logiques destructrices, pour des choix plus conformes aux besoins des franciliennes et franciliens.

Ici, comme ailleurs, les priorités de nos concitoyens touchent à l’emploi et à l’insécurité sociale.

Oui, nous demandons, sur ces questions, un autre niveau d’intervention de la région. C’est possible et nécessaire !

Nous nous y employons et nous nous y emploierons.

Je vous remercie de votre attention.

Initiatives, rassemblements, manifestations du vendredi 9 mars 2007
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Daniel Brunel
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