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Journal du groupe N°9

REGARDS sur la région Ile-de-France (trimestriel N°9 - 2009 - Budget 2008 : desserrer les contraintes pour renforcer nos priorités)
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> Elus > Gabriel Massou > Au Conseil Régional >
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séance des 15 et 16 décembre
Débat orientations budgétaire 2005
Jeudi 16 décembre 2004, l’assemblée régionale tenait son débat d’orientations budgétaires. L’exécutif régional présente les grandes orientations de son budget, et cahque groupe réagit à l’ensemble. Le budget général, secteur par secteur sera examiné et voté les 31 janvier et 1er et 2 février 2005. Gabriel Massou, Président du groupe CACR est intervenu au nom de l’ensemble des élus de son groupe pour donner un sentiment favorable sur ces orientations budgétaires... Vous trouverez ci-dessous et en téléchargement en bas de page l’intégralité de son intervention...

"Monsieur le président, Madame la Vice Présidente, cher(e) collègue,

Ce débat d’orientations budgétaires est le premier de la nouvelle mandature. En ce sens il est un acte fondateur de l’ambition politique que notre majorité de gauche souhaite affirmer.

L’intervention de Marie Pierre de la Gontrie et le document présenté sont le fruit d’un véritable travail avec l’ensemble des élus de la majorité et notre groupe y retrouve des idées qui lui sont chères.

Les choix que nous allons faire se concrétiseront fin janvier par le vote du budget de la région, avec toutes ses déclinaisons.

Aujourd’hui nous définissons un cadrage qui doit donner du sens à notre projet pour la région.

Parler projet, c’est faire un état de lieux, prendre la mesure des problèmes et des défis auxquels nous sommes confrontés, c’est mettre en perspective l’action du conseil régional, c’est traduire en termes de dépenses nos grandes priorités c’est faire des choix de financement.

Notre réflexion prend d’abord en compte le creusement des inégalités qui minent la société française et tout particulièrement la région Ile de France. Tous les rapports, toutes les études, toutes les observations convergent vers ce terrible diagnostic qui conduit à la constitution de ce que l’on appelait il y a quelques années « une société duale » et qui devient une véritable fragmentation sociale. Nous avons sans doute à nous interroger sur notre propre difficulté à enrayer de telles évolutions mais les responsabilités des politiques dominantes sont écrasantes. Le libéralisme économique s’attaque aussi bien aux personnes qu’aux services publics. La logique ultra libérale que le gouvernement met en œuvre multiple les situations de précarité sociale et de tri social qui gangrènent la région. Le contenu actuel des choix européens est de la même veine.

Quant à la décentralisation Raffarin, imposée de façon antidémocratique aux collectivités territoriales, elle vise à la fois au désengagement public et aux transferts de charges, elle représente un facteur d’aggravation des déséquilibres territoriaux et sociaux.

Notre région n’échappe donc pas aux effets des mesures gouvernementales de remise en cause des droits sociaux et du code du travail, aux délocalisations, à la crise du logement, à la pollution, à l’insuffisance et l’inconfort des transports collectifs, à la pénurie des services de santé, aux coupes sombres effectuées dans les budgets nationaux de l’éducation, de la culture, de la vie associative, de la recherche.

Mais notre région a des potentialités incontestables.

Nous disons qu’elle est une des premières métropoles du monde, qu’elle est un foyer d’innovation technologique, culturelle, économique, et c’est ce paradoxe qui voit coexister une telle crise sociale et de telles potentialités de développement qui est au coeur des défis de la politique régionale.

Pour qui veut s’attaquer à un tel paradoxe, un travail sur l’état des lieux et sur les choix politiques s’impose. Nous pourrions dès 2005 entamer cette démarche d’examen approfondi des besoins et ceci en étroite collaboration avec tous les acteurs concernés, qu’ils relèvent du public ou du privé. L’objectif devant être la construction de politiques publiques associant activement les citoyens, les acteurs sociaux, les élus,les partenaires privés.

En mettant ainsi en place des politiques publiques originales, ambitieuses fondées sur de nouvelles pratiques nous pouvons jouer un rôle moteur permettant (ou obligeant), tous les acteurs publics ou privés à s’insérer dans cette dynamique.

En effet il ne serait pas juste de faire peser tout le poids des réformes nécessaires à l’amélioration de la vie sur les seuls citoyens contribuables. Cela serait en plus contre productif économiquement parlant.

En initiant ces nouvelles pratiques nous pourrions, nous devons libérer l’énergie et le potentiel humain d’une grande valeur qui se trouve parmi les salariés, les chercheurs, les scientifiques, les créateurs, les universitaires et la jeunesse de notre région pour mettre un terme au gâchis qui est fait de toutes ces richesses.

Ambition inatteignable ?Je citerais Gramsci qui disait : «  je tempère le pessimisme de la raison par l’optimisme de la volonté ».

Soyons donc optimistes monsieur le président, mes chers collègues, et définissons dans ces orientations budgétaires les grands axes qui seraient les références de notre budget de majorité de gauche.

Ils devraient de notre point de vue, reposer sur une logique partenariale plus ample et qui s’apparente davantage à du co-financement à travers la mise en œuvre de projets partagés, et la mutualisation des financements. L’identification de tous les sujets sur lesquels nous pourrions travailler ainsi, nous conduirait à faire des économies de coût.

Ainsi pourrions nous faire plus et mieux.

La finalité de notre démarche est de repenser le développement de notre région en fondant les performances économiques et la création de richesses sur une lutte résolue contre les inégalités sociales ; Il ne suffit pas de conjuguer sur tous les tons, comme le fait le gouvernement, « pôles de compétitivité  », «  innovations », « intelligence économique » pour réconcilier développement économique et développement social.

La politique régionale que nous voulons contribuer à construire doit s’attaquer à ce qui semble aujourd’hui être implacable quand on voit des secteurs de notre région concentrer une richesse insolente, les milieux populaires relégués dans les quartiers que l’on appelle pudiquement « difficiles » et les couches moyennes de plus en plus renvoyées en périphérie.

Voilà pourquoi l’un de nos repères essentiels est de chercher à restituer les richesses de notre région à ses populations, d’abord les plus pauvres, les plus en difficultés.

C’est à ce niveau là que nous mettons les exigences car nous sommes convaincus que la qualité et l’efficacité de intervention publique d’une collectivité territoriale comme la notre se mesure d’abord à sa capacité à réduire les inégalités sociales et territoriales.

Notre région possède énormément d’atouts, ils sont à valoriser encore. Nous devons par nos choix y contribuer.

A la lumière de ces ambitions nous avons une lecture positive des objectifs contenus dans le document d’orientations budgétaires.

Nous apprécions particulièrement l’approche politique générale.

La volonté je cite « de réduire les inégalités sous toutes leurs formes et de rendre notre région toujours plus attractive et dynamique » correspond bien à notre vision.

De même, ce rapport affiche une volonté politique de ne se résigner ni au désengagement de l’état, ni au modalités financières que nous imposerait la décentralisation Raffarin.

Les grands objectifs sur les dépenses correspondent pour l’essentiel à nos attentes ; mais les OB ce n’est pas le budget et nous jouerons tout notre rôle le moment venu pour améliorer les bleus budgétaires.

A l’heure actuelle nous nous félicitons de voir deux grands sujets, aussi important que les transports et le logement présents de manière conséquente dans l’introduction du document ainsi que dans les chapitres consacrés à ces thèmes.

L’emploi, la formation, l’environnement, la solidarité, la santé représentent une part importante dans ces orientations budgétaires, c’est légitime.

Nous partageons les ambitions affichées pour la recherche, la culture, la démocratie régionale.

A propos de l’éducation, quelques mots sur les lycées. A travers les orientations budgétaires nous pouvons constater un très haut niveau de la consommation des CP.

C’est la conséquence des AP décidées précédemment. Les AP tracent les prospectives politiques. Nous pensons qu’il faut poursuivre les efforts fournis jusqu’à présent dans ce domaine car les besoins existent toujours et ne peuvent être différés. Pour cela il est important d’adapter le plan prévisionnel d’investissement.

La dynamique volontariste affichée sur les recettes est en phase avec notre volonté de politiser ce débat.

Leur montant dépend en partie de la détermination que nous mettrons à nous battre auprès de l’Etat pour, d’une part obtenir la restitution du FARIF, et d’autre part, exiger de lui qu’il respecte tous ses engagements aussi bien dans le contrat de plan que dans les différents transferts engagés notamment les transports.

C’est un point que lequel nous insistons tout particulièrement car nous pensons qu’il ne faut en aucun cas dédouaner l’Etat de ses responsabilités. Cette bataille est très politique et nous ne lâcherons pas sur cette question. Nous devons faire encore plus pour sensibiliser l’ensemble de nos concitoyens à cette légitime réclamation.

Avant d’évoquer la fiscalité régionale, allons jusqu’au bout des possibilités en présence. Le FARIF et l’emprunt en font partie et nous ne voulons surtout pas les négliger.

Il faut que nous communiquions plus pour faire le lien entre nos ambitions, la politique que nous voulons pour les franciliens et la question des ressources y compris fiscales.

A propos de l’emprunt, nous refusons de nous laisser enfermer dans les critères de Maastricht.

Il doit financer les grands investissements car les projets qui verront le jour par ce type de financement serviront également aux futures générations.

Par nos propositions nous souhaitons avant tout faire le pari de l’épanouissement des individus, de l’émancipation humaine, de l’intelligence et des savoirs collectifs.

C’est un choix de société et nous espérons que la première région de France entendra tenir sa place dans de sens."

Intervention en séance du jeudi 16 décembre 2004
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LISTE DES FICHIERS JOINTS
Débat orientations budgétaires groupe CACR dec 2004 (Word)
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