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> Elus > Gabriel Massou > Au Conseil Régional >
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Séance extraordinaire du Conseil du 11 janvier 2005
Asie du Sud-Est : la Région solidaire avec les sinistrés

Après les catastrophes naturelles de grande ampleur qui ont frappé le Sud de l’Asie le 26 décembre dernier, la Région Île-de-France se mobilise : aide technique et financière au Sri Lanka, organisation de collectes auprès de la jeunesse francilienne et au sein du conseil régional pour la reconstruction des pays touchés. A l’occasion d’une séance extraordinaire du Conseil régional consacrée à cette catastrophe, Gabriel Massou est intervenu au nom du groupe CACR pour faire part de toute l’emotion partagée par les élus de son groupe et proposé que le malheur qui s’est abattu sur les pays de l’Asie du Sud, et notamment sur des populations figurant parmi les plus pauvres du monde, soit porteur de leçons et surtout de décisions.

Lire la communication soumise à l’assemblée régionale


Monsieur le Président, Mes cher(e)s collègues, Mesdames, Messieurs,

La catastrophe humanitaire qui frappe l’Asie du sud, lève de par le monde un mouvement de solidarité exceptionnel.

Devant l’ampleur du drame, chacune et chacun perçoit l’exigence supérieure de la solidarité par delà les frontières qu’elles soient sociales ou géographiques.

Les grandes organisations caritatives et humanitaires voient affluer des dons, émanant des personnes les plus modestes. Ce mouvement va s’amplifier dans les jours qui viennent. Ils sont notre fierté à tous. Les élus de notre groupe s’associent à la campagne engagée par notre collectivité dans les lycées, les CFA, les locaux de notre région, en faveur des sinistrés d’Asie.

Ils appellent les jeunes, les personnels, les élus à y joindre massivement leurs dons.

Mais chacune et chacun pressent qu’un des enjeux majeurs de notre monde et de nos sociétés dépasse cet élan de générosité, il est de construire les systèmes internationaux permettant de faire front aux catastrophes et calamités naturelles, aux inégalités sociales et de développement entre les pays et les peuples.

Nous savons très bien que certains facteurs concourent à aggraver le bilan de telles tragédies. Comme le déclarait fort pertinemment Kofi Annan, il y a à peine plus d’un an, lors de la Journée internationale pour la prévention des catastrophes naturelles, «  les aléas naturels font partie de la vie. Mais ils deviennent des catastrophes quand ils font disparaître des vies humaines et détruisent les moyens d’existence des populations. Or, La vulnérabilité des sociétés est actuellement aggravée par certaines activités humaines qui mènent à une pauvreté accrue, à une forte densité urbaine, à la dégradation de l’environnement et au changement climatique. »

Nous savons aussi pouvoir limiter les conséquences de tels événements. En 1994, à Yokohama, la Conférence mondiale pour la prévention des catastrophes naturelles avait défini «  une stratégie et un plan d’action pour un monde plus sûr  ». Les États membres de l’ONU s’étaient alors engagés à promouvoir une coopération internationale pour prévenir et réduire les catastrophes. L’accent avait été mis explicitement sur le renforcement des moyens humains et institutionnels, sur le partage des technologies, la collecte, la diffusion et l’utilisation de l’information, sur la mobilisation des ressources.

Ces engagements n’ont pas été suivis d’effet politique, au prix humain que l’on sait. Si l’Océan indien avait été équipé des systèmes d’alerte adéquats, de nombreuses victimes auraient pu être épargnées.

Cette tragédie montre à quel point les engagements les plus positifs peuvent rester lettre morte pour les populations les plus pauvres dans un monde capitaliste dominé par la force et l’argent.

Vous comprendrez donc que notre émotion se double ainsi d’une forte indignation.Il n’est que temps, à tous les niveaux, de remettre en cause le type de développement actuel, de s’interroger sur une croissance qui creuse les inégalités et les injustices, enfoncent certains pays dans le sous-développement.

Nous avons pris des engagements au sein de notre assemblée en déclarant fonder l’ensemble de notre action sur le principe du développement durable. Nous venons de réaffirmer ce principe lors d’un récent débat sur nos orientations en matière de politique internationale. L’actualité nous montre aujourd’hui toute l’acuité de traduire, au plus vite et au quotidien, ce principe dans la réalité, afin de réduire toutes les vulnérabilités. Nous devons, plus que jamais, avoir le souci de fonder l’ensemble de nos coopérations décentralisées sur une aide au développement.

Nous avions également mis l’accent sur la nécessité de privilégier les actions d’aide à la reconstruction. Ce choix se trouve aujourd’hui conforté. Aussi, partageons-nous totalement, la proposition d’un plan triennal doté de 3 millions d’euros pour le Sri Lanka.

Le dernier bilan provisoire de la catastrophe dans ce pays fait état de plus de 30.000 morts. C’est le deuxième pays le plus touché après l’Indonésie. C’est économiquement et proportionnellement sans doute le pays le plus affecté. L’essentiel de la population vit le long des côtes et les deux tiers ont été touchés. Les autorités locales estiment le montant des dommages à 1,3 milliard de dollars, alors que près de 100.000 embarcations ont été détruites, de même que 93.000 maisons.

Encore un demi million de personnes y est hébergé dans des camps, manquant par endroits de tout.

L’utilisation de notre aide régionale doit se construire avec les populations, les responsables locaux, les associations franciliennes concernées. Développement et démocratie vont de pair.

Il dépend aussi de nous, que le malheur qui s’est abattu sur les pays de l’Asie du Sud, et notamment sur des populations figurant parmi les plus pauvres du monde, soit porteur de leçons et surtout de décisions.

Plusieurs réunions nous en donneront prochainement l’occasion. La deuxième conférence mondiale pour la prévention des catastrophes aura lieu à Kobe à partir du 18 janvier prochain. L’émotion internationale actuelle doit être utilisée afin que les engagements pris soient concrètement tenus. La vigilance et l’implication des opinions publiques et des forces politiques et sociales seront déterminantes pour y arriver.

N’est-ce pas l’occasion de décider l’annulation de la dette des pays touchés comme l’a demandé le ministre des Affaires étrangères srilankais à la communauté internationale.

N’est-ce pas aussi l’occasion de réfléchir à engager des mesures à même de lutter contre la pauvreté à sa source, c’est-à-dire remettre en question les programmes d’ajustement structurel imposés par le FMI ; augmenter immédiatement l’aide publique au développement afin d’atteindre rapidement 0,7% du PIB de chaque pays développé.

L’efficacité, ne serait-ce pas enfin la taxation des mouvements de capitaux spéculatifs : d’énormes sommes d’argent seraient ainsi dégagées pour la reconstruction. Ce sont là des solutions d’avenir pour le développement et la lutte concrète contre les inégalités qui défigurent l’humanité.

Pour la solidarité, la reconstruction, l’aide au développement, vous pouvez compter sur l’engagement des élus communistes, alternative citoyenne et républicains.

Intervention en séance du mardi 11 janvier 2005
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LISTE DES FICHIERS JOINTS
(JPEG)
Communication sur l’action de la région pour la reconstruction des pays de l’Asie du Sud Est touchés par le raz de marée du 26 décembre 2004 (PDF)

 

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