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Journal du groupe N°9

REGARDS sur la région Ile-de-France (trimestriel N°9 - 2009 - Budget 2008 : desserrer les contraintes pour renforcer nos priorités)
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> Elus > François Labroille >
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Aménagement de l’Ile de France (SDRIF)
L’assemblé régionale débat de ses grandes orientations
Lors de la scéance du conseil régional des 26 et 27 mai 2005, l’executif régional a présenté les orientations de sa politique de révision du SRDIF (Schéma Directeur de la Région IDF). Au nom du groupe CACR, François Labroille a exprimé son soutien à la démarche régionale qui va décider de l’aménagement et du type de développement de l’Ile de France pour les décennies à venir...

Madame la Présidente, Monsieur le Président, chers collègues,

D’emblée, je voudrais souligner que nous partageons la conception donnée par Mireille Ferri d’un document qui exprime un premier positionnement de la Région mais sans le fermer ni le boucler. Nous sommes donc partisans de cet objectif annoncé de faire réagir, d’enrichir et de tenir le pari d’une co élaboration avec de multiples partenaires et d’une réelle implication démocratique. Cela suppose cet équilibre entre ouverture et de premières préconisations soumises au débat.

Je voudrais également dire en préalable que le groupe CACR est convaincu que la révision du SDRIF est l’occasion de mettre en perspective la politique régionale, de relier les questions les plus urgentes comme celles du logement, des transports ou du chômage et de l’emploi avec une vision de longue durée qui permette de penser les transformations de l’espace, des formes urbaines, des rapports entre les multiples territoires qui constituent l’Ile de France. En ce sens, la révision du SDRIF nous oblige tous à penser un projet, à donner du sens et du souffle à nos diverses politiques régionales.

C’est à un projet à 20 ans que notre groupe entend contribuer dans la phase de concertation qui s’ouvre, en tirant parti de ses expériences dans les villes, les intercommunalités, les départements, le conseil régional et en expérimentant de nouveaux rapports avec les citoyens dans l’élaboration des grands choix publics.

C’est aussi à des propositions majeures et très concrètes à un horizon de 10 ans, pour une mise en œuvre entre 2010 et 2015, que notre groupe entend contribuer, car notre région a besoin de grands projets pour le moyen terme, que nous devons déterminer.

Première temps de mon propos, quelle appréciation portons-nous de la communication présentée ?

Nous partageons sur de nombreux points le cadrage général proposé et nous y retrouvons d’ailleurs des suggestions que nous avons pu faire.

Nous apprécions positivement qu’il mette à la fois l’accent sur le défi d’une réorganisation et d’une harmonisation de ce qui existe en voulant « contenir et maîtriser l’étalement urbain » et sur la réduction significative des inégalités. Il souligne la double exigence sociale d’accès de tous aux grands services urbains collectifs et environnementale de préservation d’espaces ouverts. Il conçoit le projet régional non comme un développement standardisé mais comme devant prendre appui sur des projets de territoire existants ou en devenir. Il met en avant des orientations intéressantes assorties d’objectifs ciblés en matière de logement, d’emploi, de carte des formations, de transport, d’environnement, de services publics. Il s’inscrit dans une définition du développement durable qui associe les dimensions sociales, environnementales et économiques sans les opposer. Il fait référence à l’enjeu capital que constitue un processus d’élaboration appuyé sur une démocratie participative de grande ampleur. Autant de points forts qui synthétisent les premiers débats que nous avions eus à l’automne puis ces dernières semaines, notamment au sein de la commission « aménagement du territoire » élargie.

Second temps, quelles questions prioritaires à approfondir pour donner corps à un grand projet ? Pour notre part nous voudrions en énoncer quatre questions qui nous paraissent déterminantes.

Question 1 : Quel sens, quelle cohérence, quelle ambition donner au projet de révision du SDRIF ?

Nous insistons sur la nécessité de se projeter à 20 ans avec le défi de contrarier tout le processus de tri social qui mine la région entre « gentrification, relégation et périurbanisation » selon l’expression utilisée par la communication. Nous avons toujours associé dans nos interventions la lutte contre les inégalités et l’ambition pour le rayonnement et le développement de la région. C’est la pierre angulaire du projet et nous sommes profondément convaincu que c’est au travers du prisme de la lutte contre les inégalités qu’il faut penser l’ensemble des politiques sectorielles ou des choix sectoriels de la région. La référence à l’économie de la connaissance et à ses exigences en matière de formation, de recherche et d’innovation dont nous avons discuté dans cette séance comme celle à l’éco-région deviendraient vite vide de sens si elles s’accommodaient de ce dramatique processus de ségrégations qui traverse notre région.

Question 2 : Comment mieux croiser la lutte contre l’étalement urbain et l’exigence de qualité urbaine ?

Nous n’opposons pas réponses aux attentes des habitants en termes de logement et d’habitat, de proximité de l’emploi et des services et les choix de formes urbaines les plus susceptibles de produire de la qualité de vie. Mais nous savons aussi tous depuis longtemps que la somme des choix individuels ne fait pas un choix collectif optimal. Il s’agit donc de mieux mettre en relation l’idée de l’amélioration de la situation des franciliens et les types d’urbanisme à promouvoir pour optimiser les transports, les services publics, la localisation de l’emploi et l’accès aux grandes infrastructures... Il se joue là une part importante du projet d’ensemble, il s’y joue le devenir écologique de la région non seulement du point de vue de la maîtrise des espaces mais aussi du point de vue de la consommation d’énergie et de l’émission de gaz à effet de serre. L’enjeu du SDRIF est ici de maîtriser cette reconstruction de la ville sur la ville dans le double souci de la lutte contre les inégalités et de la qualité de vie.

Question 3 Comment mieux traiter les enjeux de la zone dense , comment mieux articuler les choix organisant l’agglomération avec l’ensemble de la région ?

Notre démarche est de ne pas opposer les populations et les territoires. Cela vaut tout particulièrement quand on aborde l’articulation entre Paris, l’agglomération et la région. Notre positionnement d’ensemble est donc de nous intéresser aussi bien aux enjeux de ce l’on appelle la zone dense que des espaces hors agglomération dense. Il faut traiter des deux et de leur articulation. Nous sommes partisans d’une vision d’ensemble que doit porter le Région mais nous savons aussi qu’il est indispensable de traiter la difficulté que constitue ce particularisme qui veut qu’aucune entité institutionnelle ne correspondre à cette fameuse zone dense. Quelle que soit la procédure, celle d’un atelier territorial par exemple, il est indispensable que la région coordonne la confrontation des collectivités territoriales concernées et inscrive cette réflexion dans une appréhension d’ensemble de l’Ile de France.

Question 4 Quelle conception du développement économique et de l’emploi ?

Nous sommes pour approfondir la piste suggérée par la communication et mieux identifier le type de développement économique à promouvoir avec la complémentarité d’activités à forte innovation industrielle et tertiaire. C’est le contenu du Schéma régional de développement économique qu’il faut en fait bien penser en cohérence avec le SDRIF. Sans développer ici en détail, deux points devraient plus particulièrement retenir l’attention : • bien affirmer la complémentarité entre d’une part l’ambition du développement de la région IdF avec une fonction « capitale « et « internationale » et de l’autre le développement des autres régions. • Mieux « territorialiser » ces axes de développement en rompant avec une approche opposant l’hyper centre de l’agglomération et la grande couronne et en renforçant les projets de développement des territoires prioritaires du CPER et leur complémentarité.

Troisième temps, quelles sont les préoccupations qui appellent débat, y compris entre composantes de la majorité ? Nous aurons l’occasion d’en traiter dès les toutes prochaines semaines avec les ateliers thématiques, mais je voudrais en exprimer deux à titre d’illustration de notre démarche.

L’exemple des ambitions en matière de transports. Nous partageons l’idée que les choix en matière de transport sont un facteur essentiel de la politique urbaine que l’on peut développer et le document insiste avec raison sur cette relation. La conception des transports est un facteur structurant des évolutions urbaines et donc un formidable outil pour atteindre les objectifs de mobilité mais aussi de lutte contre l’étalement urbain et de qualité de vie. Mais du coup, il est urgent d’être beaucoup plus précis sur les projets à promouvoir et le niveau des investissements qu’il faudra consentir. Nous sommes convaincus qu’il faut aujourd’hui franchir une étape de même ampleur que celle du début du XX ème siècle avec le métro et de celle des années 70 avec le RER. Parlons-en, avançons sur les meilleures réponses à la nécessité impérative pour faire refluer les déplacements automobiles de développer les liaisons banlieue-banlieue de grande capacité en première couronne, sans négliger pour autant d’autres modalités pour faciliter la mobilité en grande couronne.

Pour notre part, nous pensons que l’augmentation rapide du nombre de déplacements en petite couronne, que la congestion automobile croissante symbolisée par l’engorgement de l’A86 font que la réalisation d’une rocade de métro rapide en petite couronne n’est pas seulement souhaitable. Elle est incontournable si nous ne voulons pas que le cœur de notre Région soit asphyxié et paralysé. Plus vite, ce grand chantier sera lancé mieux ce sera, avec l’indispensable maillage à réaliser avec plusieurs prolongements de lignes de métro.

L’exemple de la dynamique des territoires. L’éloge du polycentrisme semble aller de soi et pourtant de plus en plus d’études mettent en évidence la faiblesse du polycentrisme attendu depuis le schéma de 1965 avec l’essor des villes nouvelles. En revanche la dévitalisation du centre en termes d’emploi et sans doute de certaines activités stratégiques expliquent l’essoufflement de la dynamique de développement de la région. Il faut impérativement faire un bilan de ce qui marche et de ce qui ne marche pas et en comprendre les raisons. De nouveaux pôles émergent, d’autres marquent le pas. Nous sommes demandeurs d’un bilan poussé avec les acteurs concernés pour comprendre. Nous voulons mieux comprendre en quoi la dynamique des territoires s’est beaucoup complexifiée. Des projets ont pris corps qui transcendent les frontières habituelles. Il faut donc discuter des complémentarités de projets de territoire et discuter du rôle du SDRIF pour y mettre de la cohérence, discuter de la combinaison logement/Emploi/Transport que cela suppose.

Quels liens avec la politique des territoires prioritaires à laquelle le groupe a poussé dans le mandat antérieur ? Il s’agit de bien réfléchir les interdépendances et sortir des mises en concurrence.

Pour conclure, je voudrais réaffirmer l’importance de l’exercice démocratique qui est devant nous. Nous nous réjouissons du lancement des ateliers thématiques et de l’intérêt qu’ils suscitent. Nous nous réjouissons de l’initiative du 2 juin sur le SDRIF et les femmes qui met en en œuvre notre délibération sur la démocratie participative. Nous attendons beaucoup des concertations institutionnelles et citoyennes dont nous avons retenu le principe. En traitant ainsi à grande échelle des transformations urbaine set de de l’ensemble des régions, nous contribuons à la recherche d’une régulation publique renouvelée qui soustrait la production de notre cadre de vie aux seules forces aveugles du marché.

Intervention en séance du jeudi 26 mai 2005
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François Labroille
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