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Agendas 21 locaux
Donnons-nous les moyens d’une approche plus globale et democratique.
Lors de la séance du Conseil du 24 juin 2005, Sylvie Altman est intervenue au nom du groupe "Communiste, Alternative Citoyenne, républicain" pour donner le point de vue du groupe CACR sur le rapport de l’agenda 21. Elle a notamment souligné que les agendas doivent s’inscrire dans une démarche démocratique

Monsieur le Président, Monsieur le Vice-président, Mes cher(e)s collègues,

Le développement durable, il y a encore une décennie, c’était surtout une affaire d’experts et d’associations d’environnement. On en parlait dans les réunions internationales de chefs d’Etat à l’autre bout de la planète. La question est devenue un enjeu planétaire. Elle est aujourd’hui descendue dans la rue.

Le « développement durable », ce n’est pas un supplément d’âme. C’est un concept inédit, novateur et -pour tout dire- incontournable. C’est penser l’espace, le temps, notre rapport aux autres -vivants ou à naître- d’une manière totalement nouvelle. C’est appréhender l’humain, la vie, la société dans toutes ses dimensions. C’est s’intéresser à tout ce qui nous entoure. C’est comprendre que nous faisons parti d’ensembles, petits ou grands. Que l’avenir se construit dès à présent. Et que nous devons en être les acteurs.

C’est donc l’idée que nous sommes liés. Que chacun de nos actes a un sens, un impact, une influence. Maintenant et dans le futur. C’est également l’idée que chacun compte pour un. Et donc que chacun doit avoir le droit de parole et le devoir d’intervenir.

C’est l’affirmation de la responsabilité, de la solidarité, du respect, comme valeurs fondamentales de notre humanité. C’est -si je puis me permettre- une nouvelle philosophie de la pensée et de l’action.

Pour nous, le « développement durable » est donc tout bonnement un concept qui a -et n’aura de cesse- d’avoir de multiples traductions. Dans nos manières de réfléchir, d’agir, de s’impliquer.

Les agendas -outils de la mise en œuvre de ce développement durable- doivent pouvoir porter une ambition forte, s’inscrire dans une démarche démocratique et nourrir, dans la plus grande transversalité, l’ensemble de la politique régionale. Nous donnons-nous bien tous les moyens pour qu’il en soit ainsi ? A cet égard, nous avons quelques préoccupations.

Ainsi, dans les premiers paragraphes de ce rapport, fort opportunément consacrés à notre Agenda régional, il est indiqué qu’« il conviendra, dans les prochains mois, de se donner les moyens d’une approche plus globale » ou que « l’adaptation des dispositifs régionaux devra se faire progressivement » ». Autrement dit, nous en sommes au point de départ...

Le rapport indique : un « travail de fond est actuellement mené sur les indicateurs de développement durable, en collaboration avec l’IAURIF ». C’est positif. Ces indicateurs sont indispensables. Mais leur nature, leur nombre, leur importance réciproque ressortent tout autant de critères politiques que techniques. Or, personne ne semble associé à leur définition, ni élus, ni associations, ni Franciliens... La mise en œuvre de l’Agenda régional doit le permettre.

Il s’agit donc de prendre à bras le corps cette question, d’enclencher sans plus tarder, et même d’accélérer, une dynamique à la hauteur de notre ambition affichée d’être une éco-région.

Sinon, nous pourrions donner le sentiment que nous sommes plus exigeants, plus ambitieux, plus volontaires avec les autres (pour la construction de leurs agendas locaux) que nous ne le sommes avec nous-mêmes. Soyons-y attentifs.

Qui plus est, tout retard pris dans l’élaboration de notre Agenda risque de nous mettre en porte-à-faux avec les Agendas 21 locaux déjà réalisés. Le réaliser « rapidement » permettrait d’imprimer une même philosophie aux agendas locaux que nous soutenons -et donc d’obtenir une cohérence régionale forte et immédiate. Ce sera, bien sûr, utile et déterminant pour l’élaboration du futur SDRIF.

Et maintenant, venons-en à ces « agendas 21 locaux ». Nous soutenons, bien évidemment, cette politique. Elle complète utilement notre propre démarche et lui donne un élan supplémentaire.

Cependant, si nous apprécions le côté incitatif du rapport, nous sommes très réservés sur son côté directif. Le rapport exige notamment le recours à des « chargés de mission » et à des « cabinets conseil ». Et il donne à l’ARENE la mission d’aider les collectivités à les choisir. Qui plus est, il fait de leur existence un « critère d’évaluation et de sélection des projets ». Suite aux remarques de notre groupe, lors de réflexions en amont de la rédaction du projet, la formulation de ces exigences est plus souple. Ce qui nous importe, c’est la réalisation de nombreux agendas, leur élaboration démocratique et leur contenu conforme au développement durable. Laissons bien aux collectivités le choix des moyens.

Nous avons enfin quelques autres interrogations et préoccupations, notamment sur la composition et les missions des différentes instances :

La question de l’eau ne devrait-elle pas être citée en tant que telle comme faisant partie des objectifs du développement durable, à l’article 1 ? Un récent rapport du Museum d’histoire naturel de Paris vient de nous apprendre qu’entre 50 et 75% des eaux françaises seraient polluées...

La composition du « comité de pilotage » ne devrait-elle pas être précisée, sans vouloir aller jusqu’à l’exhaustif, bien évidement ? Aujourd’hui, nous savons seulement que le maire, le directeur général des services, la Région et l’ARENE y participeront...

Le « comité technique » ne devrait-il pas avoir l’obligation de rendre des avis motivés sur tous les projets, retenus et non retenus ? Le jury pourrait ensuite sélectionner les projets sur la base de ces avis.

• Enfin, s’agissant de la composition du « jury », pourquoi accorder plus de place à la « commission environnement » (avec trois représentants) qu’aux autres commissions ? Et pourquoi certaines commissions ne sont-elles pas représentées alors que le développement durable est transversal ? Je pense, par exemple, aux commissions « démocratie », « politique de la ville », « transports »... Et les « membres du CESR qui siègent au titre des associations agrées « environnement » n’auraient-ils pas plus leur place dans le « comité technique », chargé d’évaluer les projets, plutôt que dans le « jury », chargé de sélectionner ces projets ?

Ces remarques, vous l’aurez compris, notre groupe les formule d’une manière constructive. Nous espérons qu’elles recevront une écoute attentive.

Je vous remercie.

Intervention en séance du vendredi 24 juin 2005
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