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> Elus > François Labroille >
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séance du Conseil régional du 23 et 24 juin 2005
SRDE (Schéma régional de développement économique).
Lors de la séance des 23 et 24 juin 2005, François Labroille est intervenu au nom du Groupe CACR et a rappelé nos objectifs sur les travaux d’élaboration du SRDE et nos attentes concernant l’emploi, la formation et le revenu des ménages.

Monsieur le Président, Monsieur le Vice-président, Mesdames et Messieurs les conseillers,

La communication présentée par Daniel Brunel constitue une première étape d’un travail qui en comportera d’autres. A ce stade, l’architecture proposée se situe à un niveau très général. Même si, comme pour de nombreux autres rapports, son écriture strictement au masculin pose un sérieux problème, nous y retrouvons des préoccupations chères à notre groupe. Cela est vrai des enjeux et des finalités du SRDE comme de la démarche participative proposée. En même temps, nous pressentons bien que des débats indispensables sont devant nous. Pour prendre un exemple particulièrement sensible, la conception même du développement durable ne pourra plus être traitée très longtemps de façon trop générale. Soit elle restera une référence obligée pour tous les groupes, mais sans véritable contenu. Soit elle deviendra réellement opérationnelle pour guider la politique régionale. Mais il faudra bien alors que tous les groupes se déterminent sur la façon de croiser les dimensions économiques, sociales et environnementales dans leur conception du développement. Ce devrait être, selon nous, l’un des objectifs du travail d’élaboration du SRDE que de s’astreindre à mieux penser cette cohérence.

L’approche qui nous est aujourd’hui présentée nous semble intéressante et aller dans le bon sens.

D’abord, parce qu’elle est centrée sur les relations entre formation/recherche/innovation/production. Ces éléments clés du potentiel de croissance de demain sont mis en rapport avec un souci de cohésion sociale et territoriale.

Ensuite, parce que l’accent est fortement mis sur l’emploi et le facteur humain comme clé du développement économique. Nous apprécions l’insistance mise sur les enjeux de formation et sur la nécessaire valorisation du potentiel de recherche.

Enfin, parce que la préoccupation des inégalités territoriales est affirmée, en intégrant les projets de pôles de compétitivité, mais en allant au-delà.

Ajoutons que le parti pris d’une démarche participative, même si c’est avec un calendrier serré, nous paraît positif avec la recherche de concertations avec les collectivités locales et les partenaires économiques et sociaux.

Nous avons simultanément des interrogations sur les choix que nous allons devoir préciser.

C’est précisément parce que nous sommes partisans de politiques publiques volontaristes que nous pensons nécessaire l’élaboration d’une vision d’ensemble du développement de la région. Pour notre part, notre boussole reste celle qui a si bien été mise en évidence dans le premier des ateliers thématiques du SDRIF à propos de l’attractivité. La politique régionale ne peut pas être schizophrène. Le pire serait de penser, d’un côté, les dures exigences du développement économique dans la concurrence mondiale et, de l’autre, de tenter plus ou moins vainement d’en réparer a posteriori les dégâts sociaux et environnementaux. C’est bien de ce type de clivage dont il faut sortir. Le développement économique n’a pas de valeur en soi. Dans notre conception, il n’a de sens que s’il a pour finalité de répondre aux besoins humains et à préserver le patrimoine environnemental. Et il n’a de sens que s’il a pour moyen le progrès social.

Pour dégager cette vision d’ensemble, nous attendons beaucoup de la commande passée à l’IAURIF sur un diagnostic des forces et des faiblesses de l’économie francilienne, parce que nous savons que ce diagnostic commandera largement les choix à faire. Nous ne partageons pas l’idée selon laquelle les activités les plus porteuses seraient nécessairement pauvres en emploi. Nous ne partageons pas l’idée que le chômage francilien s’expliquerait par « l’excellence » de ses activités économiques. Bien au contraire, la créativité aujourd’hui, l’innovation repose sur la mobilisation des personnes et de leurs qualifications. Elles appellent, dans le secteur industriel comme dans le secteur tertiaire, un développement de l’emploi bien supérieur à cette gestion à très faible horizon qui domine encore bien trop d’entreprises. Mais ce développement nécessaire de l’emploi pour nourrir une autre croissance demande simultanément un développement de l’emploi public qui répond à des fonctions essentielles, de formation, de sécurité des personnes, de recherche qui sont autant de facteurs de développement. L’emploi public n’est pas une charge. Il contribue de façon déterminante à la création de richesses. Le SRDE devra beaucoup mieux intégrer cette dimension en réfléchissant à la place que les services publics devraient occuper.

D’autres points de débat nous paraissent devoir être anticipés. Dans le temps imparti de cette intervention, permettez-moi de simplement les énumérer.

Nous sommes porteurs de l’idée de construire une véritable sécurité « Emploi, formation, revenu ». Nous sommes demandeurs d’un approfondissement de ce que peut être la contribution de la région. Nous attendons à cet égard beaucoup des Etats généraux de la formation annoncés pour le 17 octobre. Mais les dimensions emploi et revenu vont devoir être mieux discutées. Nous sommes particulièrement préoccupés par les discriminations qui touchent les femmes et les discriminations qui touchent les personnes issues de l’immigration. Nous sommes demandeurs d’un renforcement de la politique régionale dans ce domaine.

Nous sommes également soucieux d’aller vite vers l’objectif d’une évaluation des dispositifs d’intervention de la région dans l’aide aux entreprises. Une mission a été confiée à Claire Le Flécher et la commission DEVECO est mobilisée sur le sujet. Mais nous insistons pour que les résultats des travaux d’évaluation permettent de discuter rapidement de la pertinence ou non de nos dispositifs.

Enfin, si nous sommes demandeurs d’un effort pour bien articuler le travail entrepris sur la révision du SDRIF, celui sur le SRDE, celui sur le Schéma des formations. Certes, les horizons ne sont pas strictement les mêmes puisqu’ils sont à 5-6 ans ou 20 ans. Mais ce sont ces mises en relation qui vont permettre de mieux identifier les grands choix de la politique régionale.

Et si l’on veut donner corps à la démarche participative, si on la veut ample et très décentralisée, si on veut en faire un facteur d’efficacité de la politique régionale dans son élaboration et dans son application, les ateliers territoriaux que nous avons prévus pour la révision du SDRIF nous semblent être une excellente occasion de le faire.

Voilà nos premières appréciations. Positives mais exigeantes, pour s’engager dans le chantier ouvert.

Je vous remercie.

Intervention en séance du jeudi 23 juin 2005
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