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sécurité : quel investissement régional au budget 2002 ?

Monsieur le Président, chers collègues

Au moment du vote du budget sécurité de notre assemblée, nous souhaitons réaffirmer le rôle indispensable que les pouvoirs publics doivent assurer pour assurer la sécurité de nos concitoyens. La sécurité est une mission de service public, elle est de la responsabilité de l’état.

Néanmoins, cette question est suffisamment importante et criante dans le quotidien des franciliens pour que la région s’y investisse avec discernement.

On le voit dans le détail des lignes budgétaires allouées cette année encore par notre assemblée : la région s’implique partout où elle exerce ses responsabilités : dans les transports, pour lesquels elle investi comme jamais cela ne l’a été fait auparavant, dans la sécurisation de ses bases de loisirs qui accueillent annuellement près de 3 millions de visiteurs, dans les lycées, pour la sécurisation des établissements et la création ou l’amélioration de l’aménagement de lieu de vie et de convivialité pour les étudiants.

En investissement, nous nous félicitons du succès du numéro vert « jeunes violence écoute » et de la création d’une cellule de suivi spécifiquement dévolue à l’accompagnement individuel des cas les plus sensibles. Toujours sur ce volet prévention, les crédits que nous nous apprêtons à voter pour soutenir les initiatives locales dans le domaine des actions de prévention et de sécurisation, d’aide aux victimes, de soutien à la fonction parentale et d’accès au droit, de médiation diurne ou nocturne au cœur des quartiers difficiles nous paraît aller dans le bon sens. Nous pourrions dans ce domaine faire bien plus tant les besoins sont immenses. Encore faut-il que les projets remontent à notre assemblée et les cofinancements nous soient proposés.

J’en viens donc tout naturellement à aborder les autres chapitres budgétaires de ce volet sécurité, ceux dont la mise en œuvre et le déclenchement de financement dépendent directement de projets portés par l’Etat et dont on voudrait en quelque sorte nous cantonner dans un simple rôle de « tiroir caisse ». Combien de nos quartiers difficiles réclament en vain depuis des décennies l’ouvertures de commissariat ou d’antennes de proximité ? Pour les commissariats, les temps de réalisation vont de cinq à sept ans : comment paraître crédible auprès de nos concitoyens lorsque nous budgétons des travaux et que rien ne se passe sur le terrain , alors que les personnels de police travaillent quotidiennement dans des conditions souvent déplorables ? En 2001, nous n’avons consommé dans ce domaine que 31 % des crédits votés alors que des dizaines d’ouvertures d’antennes de quartier sont attendus par les populations. Chacun reconnaît que la lutte contre les trafics de drogue passe par un long travail de terrain et une présence décentralisée des forces de polices dans ces quartiers. Nous avons des crédits pour permettre l’aménagement de telles structures et nous n’en utilisons que le tiers. Et nous pourrions aborder de la même manière le peu de crédits consommé à la réalisation de « maison de la justice et du droit » du fait de la faiblesse des projets portés dans ce domaine par l’état.

Cette question des moyens matériels, humains, de leur implantation et de leur utilisation -qu’il s’agisse des moyens mis à la disposition de la police, de la justice, de l’enseignement, ou plus largement de ceux destinés à l’ensemble des services publics et collectivités locales- est primordiale.

J’en viens donc tout naturellement à aborder la problématique de l’efficacité de nos mesures. Peut-on dire aujourd’hui, chiffres à l’appui que nos investissements ont permis de faire reculer l’insécurité ou de donner aux forces de polices les moyens d’être plus efficaces sur le terrain ? Au groupe communiste, nous avons toujours appuyé une revendication qui ne nous semble pas avoir totalement abouti :

Un renforcement humain indispensable

En ce qui concerne les transports , nous souhaitons que nos investissements soient accompagnés par un renforcement de la présence humaine sur les réseaux en terme d’effectifs de contrôle et de sécurité des entreprises, et d’effectifs de police intervenant dans les bus, dans le métro, dans les gares. Nous ne disposons d’aucuns chiffres sur la contrepartie annoncée en terme de renforcement de présence humaine... Il en va de même pour nos investissements dans la sécurisation des lycées : ils ne peuvent apporter à eux seuls de réponse durable et efficace à la violence scolaire dont chacun s’accorde à dire qu’ils sont une source d’inquiétude de plus en plus grande pour les familles. De ce côté là encore, nous ne disposons d’aucun chiffres en terme de personnels d’encadrement, personnels pédagogiques, éducateurs, personnels de santé, créations de structures adaptées aux élèves qui n’ont plus leur place au sein de structures classiques d’éducation. L’amélioration de la sécurité passe en grande partie par l’école, l’éducation. Il serait illusoire de penser que des caméras de surveillance et des grilles qui ne seront jamais insurmontables régleront les problèmes de violences scolaires.

Notre assemblée doit être plus vigilante à demander des comptes à l’ensemble de ses partenaires : la RATP, la SNCF, l’éducation nationale, les ministères de la justice, de l’intérieur et de l’éducation nationale pour que nos efforts financiers s’inscrivent dans une politique générale réellement partenariale, transparente, avec des évaluations annuelle de leur impact pour une meilleure efficacité.

Intervention en séance du mercredi 23 janvier 2002
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