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> Elus > Gabriel Massou >
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Séance du Conseil des 5 et 6 octobre 2006
Le Conseil régional interpelle le gouvernement
Question d’actualité : La Région exclut du CA de la RATP
En séance du Conseil régional du 5 octobre 2006, Gabriel Massou est intervenu au nom du groupe CACR, lors de la question orale pour dénoncer le choix inique du gouvernement en excluant la Région au CA de la RATP.

Monsieur le Président,

Je sais que nous partageons la même indignation quant à la décision scandaleuse prise par le gouvernement d’exclure notre collectivité ainsi que la Ville de Paris du CA de la RATP.

J’ai représenté notre collectivité pendant plusieurs années dans ce conseil d’administration, et je tiens à rappeler ici publiquement que ce lieu d’échange, de débats, de décisions était essentiel. Il s’agissait d’un des seuls lieux institutionnels où des dirigeants d’entreprises de transports, des salariés, des représentants d’associations et des élus pouvaient se rencontrer, dialoguer et décider.

C’est un non-sens démocratique d’exclure d’un tel lieu une collectivité comme la nôtre dont les responsabilités en termes de transports collectifs sont évidemment majeures. Ce décret traduit de la part du gouvernement un mépris des collectivités et des élus. Un mépris tant sur le fond que sur la forme : une éviction brutale prononcée en plein cœur de l’été.

Au-delà de la forme, cette décision a un sens politique extrêmement fort. Elle s’inscrit dans une démarche politique claire et méthodique de démantèlement du service public. Alors que nous sommes en plein débat parlementaire sur la privatisation d’une entreprise publique majeure, Gaz de France, il est évident que ce gouvernement entend réserver à terme le même sort à la RATP, entreprise publique nationale de référence pour le transport public.

J’ai eu l’occasion de dénoncer dans son conseil d’administration la logique qui sous-tendait des choix de gestion poussant toujours à plus de croissance externe, en particulier à l’étranger. Une logique d’entreprise à terme privée et non la logique de coopération qui devrait être celle d’une entreprise publique. La RATP, au mépris de sa vocation d’entreprise nationale, et de sa forte implantation en Ile-de-France, a privilégié ces dernières années des opérations de développement à l’international. Des prises de participation qui s’inscrivent dans la perspective de la constitution d’un groupe privé international, pour qui le transport public de voyageurs est une activité concurrentielle, pour dégager des profits.

J’ai dénoncé ces choix de façon très claire, et c’est aussi ces dénonciations, ces expressions qu’on a voulu exclure par cette décision.

L’exclusion de la Ville de Paris et du Conseil Régional de son conseil d’administration n’est donc pas un épiphénomène, mais un élément de plus dans un processus : on coupe le lien avec les collectivités pour préparer d’autres étapes. Comme celle de l’adaptation au règlement européen en préparation sur le transport de voyageurs. On voit le résultat de ces logiques, sur une autre entreprise nationale de transport public, la SNCF, qui subit la mise en concurrence imposée sur son activité fret. Un résultat accablant puisque le transport ferré de marchandises occupe une place de plus en plus réduite dans notre pays et dans notre région.

Monsieur le président, vous avez interpellé le gouvernement suite à ce choix inique.

Aujourd’hui je souhaite, que vous nous apportiez des informations sur les réponses, ou l’absence de réponses que avez vous obtenues du gouvernement, et quelles nouvelles initiatives entendez-vous engager pour qu’il revienne sur sa décision ?

Merci, monsieur le Président, de votre attention.

Question orale du jeudi 5 octobre 2006
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Gabriel Massou
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