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Orientations du Schéma des formations sanitaires et sociales
Contribution du groupe CACR par Bénédicte Bauret et Henriette Zoughebi

Introduction

Suite aux lois de décentralisation et aux transferts de charges qui en résultent, le Conseil régional d’Ile-de-France a désormais la responsabilité des centres de formations du secteur sanitaire et social. L’enjeu de ce schéma est très important. Dans ce contexte, nous ne pouvons que dénoncer l’insuffisance des moyens transférés au de la situation présente et des immenses besoins existants :

-  manque généralisé de personnel médical,
-  manque de personnels réellement qualifiés dans nombre de secteur (échographie, gynécologie, gériatrie, psychiatrie, etc.),
-  fortes disparités d’effectifs selon les départements franciliens ;

comme au regard du développement annoncé de ces besoins dans les années à venir, notamment en raison des évolutions démographiques :
-  en particulier pour les métiers liés à la petite enfance (hausse de la courbe des naissances)
-  et aux personnes âgées (vieillissement de la population).

Ces évolutions font de ces formations de véritables formations d’avenir. Au présent, l’ensemble des professionnels de la filière sanitaire et social, a besoin de formations initiales et continues qui leur assurent de véritables qualifications, qui revalorisent leurs métiers et leur ouvrent des possibilités d’évolutions de carrières... et, surtout, qui répondent aux besoins de santé de toutes les Franciliennes et de tous les Franciliens.

Propositions

-  La gratuité des formations Aujourd’hui, les disparités de prix pour les étudiants sont très importantes entre les établissements. Et ce sont principalement les formations de niveau V qui coûtent le plus cher alors que les populations qui se destinent à ces formations sont souvent celles qui ont le moins de revenus financiers.

Le groupe CACR souhaite que la Région s’engage à mobiliser tous les moyens nécessaires - y compris auprès de l’Etat - pour offrir des formations sanitaires et sociales gratuites pour les étudiants.

Dans le même esprit, concernant la préparation aux concours et les modes de soutien aux élèves en difficultés, le texte d’orientation stipule qu’« afin d’éviter les échecs aux concours et aux sélections, un partenariat entre l’Education nationale et les écoles paramédicales ou du travail social sera recherché. L’organisation de préparations pour les lycéens qui veulent accéder à des formations sanitaires et sociales sera ainsi favorisée ». Les orientations du schéma prévoient aussi la création de « formations préparatoires ouvertes à tous ». Nous insistons sur le fait que ces classes préparatoires, très largement développées pour répondre aux besoins de toutes celles et de tous ceux qui veulent se diriger vers des formations du secteur sanitaire et social, doivent être publiques et gratuites.

-  La création de passerelles entre les différents niveaux de formation Le document d’orientation propose une consolidation des formations de niveaux III et II et un développement des niveaux V et IV.

Notre groupe insiste sur les possibilités, pour les étudiants et les salariés, de poursuivre ou reprendre leurs études après l’obtention d’un diplôme de niveau V ou IV par :
-  la création de passerelles entre les formations (notamment vers les niveaux supérieurs),
-  la formation continue adaptée,
-  etc.

Il ne faut pas non plus négliger les niveaux de formation aux métiers d’encadrement (en effet, les prochaines années de nombreux départs en retraite risquent de faire apparaître des manques de directeurs de centre de formations, ce qu’il faut prévenir et anticiper).

Pour nous, c’est donc l’ensemble de la filière qu’il faut développer, en valorisant le besoin de qualification des personnels, à tous les niveaux.

-  La fidélisation à la région des personnels formés dans la région D’une façon générale, nous pensons qu’il faut repenser la question de la rémunération des étudiants et de l’autonomie des jeunes. C’est particulièrement vrai dans le cadre des formations sanitaire et social.

La question de l’accès au logement étudiant doit aussi être travaillée en étroite relation avec celle de l’implantation géographique des lieux de formations.

Pour le secteur sanitaire et social particulièrement, ne serait-il pas pertinent de proposer un système de bourses avec engagement de rester travailler 5 ans dans le département ou la région de la formation ?

Actuellement, les formations de niveaux III et II se développent essentiellement à Paris. Les jeunes des départements franciliens situés hors Paris doivent aussi pouvoir y accéder. Pour permettre une fidélisation des étudiants à leur département - et afin qu’ils y travaillent dès la sortie de leur formation - les offres de formations de niveaux III et II doivent être développées dans l’ensemble des départements franciliens, en particulier dans ceux où le manque de personnel qualifié est le plus criant (Seine-Saint-Denis).

-  La prise en compte des besoins de formation spécifiques Nous pensons que le débat sur le Schéma des formations sanitaires et sociales crée l’opportunité de d’insister sur les besoins de spécialisation pour les formations d’infirmier(e)s, en psychiatrie tout particulièrement.

En effet, trop de jeunes sont totalement démunis face aux situations dramatiques qu’ils rencontrent lors de leurs premières expériences dans ce secteur et abandonnent par manque de préparation et de formation. Rappelons qu’en psychiatrie, le « plateau technique » se compose à 90 % de personnel.

-  La validation des acquis de l’expérience La validation des acquis de l’expérience ne doit pas se faire au détriment d’une formation ni initiale, ni continue de qualité. Même si aujourd’hui de nombreuses personnes exercent sans formation initiale, il faut leur donner la possibilité d’accéder à de la formation, tout au long de la vie, même lorsqu’elles ont l’expérience du métier.

Aujourd’hui, l’augmentation du nombre de postes vacants par exemple d’infirmier-e-s risque de conduire les décideurs de ces filières à « parer au plus pressé » en faisant appel à du personnel de moindre qualification. Nos propositions visent donc à alerter sur les dangers de cette situation, à ne pas la valider dans les faits, et à en prévenir les effets en permettant aux personnels d’augmenter leurs qualifications.

Reflexion du jeudi 29 mars 2007
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